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EN BREF
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Chef doublement étoilé, Thierry Marx mène une double vie étonnamment structurée : chaque année, il s’accorde trois mois de retrait dans un refuge lointain, un rituel qu’il tient depuis 35 ans. Depuis sa maison parisienne dotée d’un potager privé et d’une cabine de ski, il s’envole vers le Japon et d’autres contrées pour pratiquer le snorkeling, le judo et le trek, préférant l’effort et l’exploration à la farniente. Ces séjours, souvent en autosuffisance et sans téléphone, lui permettent de se ressourcer, d’affiner sa relation au vivant et de conjuguer tradition et innovation.
En apparence, Thierry Marx mène une vie dédiée à la haute gastronomie parisienne, doublement étoilé et présent au sein d’établissements prestigieux. Mais depuis trente-cinq ans, il partage son temps entre cette existence urbaine et un cycle immuable : tous les trois mois, il disparaît vers un refuge lointain pour se reconnecter à la nature, pratiquer des sports exigeants et explorer des territoires qui lui offrent un autre tempo. Ce va-et-vient régulier compose une vie en deux temps où se mêlent discipline, ressourcement et curiosité culturelle.
Un rythme immuable : tous les trois mois depuis trente-cinq ans
Thierry Marx a instauré une règle personnelle qui structure son calendrier et son état d’esprit : partir à l’étranger tous les trois mois. Ce rituel, entretenu sur plusieurs décennies, n’est pas une simple série de vacances mais une nécessité pour retrouver l’équilibre. Il s’agit d’un déplacement réfléchi, préparé, qui permet au chef de quitter la frénésie des cuisines et des obligations médiatiques pour se placer dans un espace où le quotidien se réinvente.
Ces périodes loin de Paris sont consacrées à l’observation, à l’apprentissage et à l’entraînement physique. Elles lui donnent l’occasion d’affiner sa pratique — qu’elle soit sportive, linguistique ou contemplative — et de revenir à ses restaurants avec une énergie renouvelée et des perspectives différentes sur le vivant et le goût.
Entre Paris et le lointain : une maison avec potager et un refuge naturel
En ville, Thierry Marx conserve un ancrage tangible : une maison à Paris dotée d’un potager privé et jusqu’à une cabine de ski, symboles d’une vie qui ne renonce ni à la nature ni à la fonctionnalité. Mais lorsqu’il gagne son refuge lointain, tout change. Loin des obligations urbaines, il privilégie les gestes essentiels — marcher, observer, toucher la terre — et renouvelle sa relation au temps.
Ses escapades l’ont conduit partout en Asie et au-delà : des sentiers du Cambodge, du Laos et du Vietnam aux grands espaces du Canada et des États-Unis. Ces itinéraires sont parfois marqués par l’histoire et la mémoire des lieux ; lire des récits sur le Cambodge de 1975 rappelle combien certains pays portent des blessures profondes, comme l’évoque l’article sur l’ambassade de France transformée en lieu d’enfermement (https://asiesudest.com/cambodge-1975-lambassade-de-france-transformee-en-lieu-denfermement/), et comment la culture a survécu malgré les catastrophes, comme le montre l’histoire de la musique cambodgienne (https://asiesudest.com/au-cambodge-les-khmers-rouges-ont-extermine-les-artistes-mais-la-musique-a-survecu/).
Activités physiques : snorkeling, judo, jujitsu et treks
Le mot d’ordre n’est pas farniente. Pour Thierry Marx, se ressourcer passe par l’effort et la présence au corps. Le snorkeling, avec son lent face-à-face avec les coraux et la vie sous-marine, lui offre une forme d’émerveillement concentré : observer un écosystème fragile lui permet de « reprendre conscience du vivant ».
De retour sur la terre ferme, il pratique le judo et le jujitsu de façon très régulière — jusqu’à cinq séances par semaine, le matin — disciplines qu’il a découvertes très jeune et qui ont structuré son rapport au respect et à l’effort. Le judo, commencé à douze ans sur l’impulsion maternelle, a servi de cadre éducatif et d’apprentissage personnel qui perdure aujourd’hui.
Le trek constitue une autre dimension de son entraînement : longues marches ou randonnées à cheval, parfois en autosuffisance, sans téléphone ni connexion, avec seulement une boussole et une carte. Ces sorties sont pensées comme des retraits conscients — pêcher, faire un feu, cuisiner simplement — des gestes qui ramènent à l’essentiel et à une forme d’autonomie primitive.
Un rapport au Japon fait d’amitié, d’artisanat et d’apprentissage
Depuis des décennies, le Japon occupe une place particulière dans ces voyages. Thierry Marx n’y va pas seulement pour le paysage : il y trouve une culture où la tradition et l’innovation semblent cohabiter sans contradiction, où l’artisanat rencontre une grande exigence de service et de civisme. Il y a tissé des habitudes, des amitiés et un apprentissage constant de la langue, qu’il suit pour mieux pénétrer les nuances culturelles.
Le Japon lui permet de conjuguer la contemplation — observer une plante, la pluie, la manière dont un artisan travaille — avec une pratique physique quotidienne. Là-bas, les disciplines martiales et la rigueur des gestes quotidiens se fondent dans un quotidien qui nourrit sa réflexion sur la cuisine et le rapport au vivant.
Voyager pour comprendre les contextes locaux et leurs histoires
Ces voyages n’ignorent pas les réalités politiques et sociales des pays visités. La région sud-est asiatique, par exemple, est complexe et porte des histoires difficiles : on trouve des comptes rendus sur la manière dont la Thaïlande traite son actualité locale (https://asiesudest.com/thailande-express-les-temps-forts-de-lactualite-thailandaise-du-28-avril-au-4-mai/) et sur des aspects contemporains, comme le rôle de la Thaïlande en tant que refuge pour certains exilés (https://asiesudest.com/la-thailande-refuge-paisible-pour-les-russes-et-les-ukrainiens-opposes-au-conflit/).
La fréquentation de ces territoires permet à Thierry Marx de recueillir des impressions, d’entendre des mémoires vivantes et de confronter ses propres pratiques à des savoir-faire locaux. Comme le racontent des voyageurs et chroniqueurs de la région, ces expériences laissent des traces durables (https://asiesudest.com/jerome-pitorin-evoque-ses-souvenirs-de-voyages-inoubliables/), et la cuisine, tout comme la musique ou l’artisanat, se trouve transformée par ces rencontres.
La résilience culturelle et la mémoire des lieux
Sur ses itinérances, Marx croise des paysages où la culture a subi des ruptures mais a continué de survivre. Le cas du Cambodge illustre cette idée : malgré les répressions et les destructions, des formes artistiques et musicales ont persisté et retrouvé une vie, offrant aux visiteurs une leçon sur la ténacité des pratiques humaines (https://asiesudest.com/au-cambodge-les-khmers-rouges-ont-extermine-les-artistes-mais-la-musique-a-survecu/).
Ces rencontres avec l’histoire, qu’elles remontent aux événements dramatiques ou qu’elles concernent des traditions vivantes, nourrissent la réflexion du chef sur la transmission, l’usage des produits et la manière de raconter un territoire à travers une assiette.
FAQ — La double vie de Thierry Marx
Q : Qui est Thierry Marx et quel est son statut dans la gastronomie ?
R : Thierry Marx est un chef renommé, titulaire de deux étoiles Michelin pour son restaurant Sur Mesure au Mandarin Oriental à Paris, et à la tête d’autres établissements comme Onor dans le VIIIe arrondissement.
Q : Que signifie sa « vie en deux temps » ?
R : Sa vie se partage entre une existence urbaine à Paris — avec une maison dotée d’un potager privé et une cabine de ski — et des séjours réguliers à l’étranger, principalement au Japon, où il se ressource loin des cuisines et des écrans.
Q : À quelle fréquence et depuis quand pratique-t-il ces voyages ?
R : Depuis environ 35 ans, il part tous les trois mois pour plusieurs semaines, faisant de ces escapades un rituel trimestriel qui rythme son année.
Q : Pourquoi choisit-il le Japon comme refuge ?
R : Il apprécie la culture japonaise pour son lien à la nature, son artisanat, son respect civique et la manière dont tradition et innovation cohabitent. Sur place il a des amis, prend des cours de langue et explore des pratiques locales.
Q : Quelles activités pratique-t-il durant ses séjours ?
R : Il multiplie les activités physiques et d’observation : snorkeling pour admirer les coraux, judo et jujitsu réguliers, ainsi que des treks exigeants — souvent en autonomie complète — pour se reconnecter au vivant.
Q : Quel rôle ont eu le judo et les arts martiaux dans sa vie ?
R : Inscrit au judo dès l’enfance, il a trouvé dans cet apprentissage un cadre éducatif fondé sur le respect et la discipline. Aujourd’hui il pratique le judo et le jujitsu plusieurs fois par semaine, faisant de ces sports une part essentielle de sa routine.
Q : Comment se déroulent ses treks et quel est leur objectif ?
R : Il privilégie des treks en autonomie — sans téléphone ni connexion — avec boussole et carte, vivant de pêche et de feu de camp. L’objectif est une reconnexion à la nature, un recentrage loin du stress urbain et des écrans.
Q : Est-il adepte du farniente pendant ses voyages ?
R : Non, il se dit peu attiré par l’inaction et préfère des séjours actifs : observer la nature, marcher, escalader, plonger et pratiquer des sports quotidiens plutôt que de rester allongé au soleil.
Q : Comment ces escapades influencent-elles son travail de chef ?
R : Ces voyages nourrissent sa créativité et son rapport au vivant : l’observation des paysages, des plantes et des techniques artisanales alimente son regard sur les produits, la simplicité et l’authenticité qu’il recherche en cuisine.
Q : Peut-on reproduire ce rythme de vie pour se ressourcer ?
R : L’approche consiste à combiner périodes d’intense activité professionnelle et pauses régulières dédiées à la nature, au mouvement et à la déconnexion. Même à plus petite échelle, des séjours planifiés, des treks locaux ou des pratiques martiales peuvent offrir une similarité de bénéfices : retrouver l’essentiel, reprendre conscience du vivant et réduire le stress.