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EN BREF
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La rivalité économique entre la Thaïlande et le Vietnam s’intensifie comme rarement auparavant, incarnant un basculement régional aux implications concrètes. En 2025, le flux de visiteurs chinois a basculé en faveur du Vietnam, qui a attiré environ 5,3 millions de touristes en provenance de Chine contre près de 4,5 millions pour la Thaïlande — un indicateur tangible d’un rééquilibrage en marche.
Ce renversement s’ajoute à un tableau contrasté : un classement de compétitivité de l’IMD place la Thaïlande une place devant le Vietnam, mais cet écart masque des dynamiques opposées — Bangkok reste dépendante d’un tourisme massif pesant sur le PIB et l’emploi, tandis que Hanoï progresse vite en cherchant à éviter le surdéveloppement et le surtourisme.
Résumé — La confrontation entre la Thaïlande et le Vietnam prend une tournure inédite : sur plusieurs fronts — tourisme, compétitivité, investissements et enjeux géopolitiques — le Vietnam grignote des parts de marché clefs et inscrit sa progression dans des classements internationaux, tandis que la Thaïlande lutte pour préserver des secteurs vitaux et gérer des fragilités structurelles. Cet article décrit les faits récents, compare les modèles économiques et souligne les tensions régionales qui pèsent sur cette rivalité.
Un basculement visible : les touristes chinois
Le signe le plus tangible du rééquilibrage régional provient des flux touristiques en provenance de la Chine. En 2025, le Vietnam a accueilli environ 5,3 millions de touristes chinois, contre 4,5 millions pour la Thaïlande, selon les statistiques vietnamiennes reprises par la presse économique internationale. C’est la première fois que le Vietnam devance son rival sur ce marché clé.
La Thaïlande a, pour sa part, enregistré une baisse globale de ses arrivées internationales de l’ordre de 7,23% en 2025, à 32,97 millions de visiteurs. Le recul le plus marqué est celui des ressortissants chinois (-33,55%), phénomène amplifié par les affaires de centres d’appels frauduleux opérant depuis des pays voisins, qui ont érodé la confiance et réduit les déplacements. Des analyses approfondies évoquent les risques d’une étreinte économique dangereuse entre les deux pays et les effets collatéraux sur le tourisme régional (https://thaivisa.fr/thailande-vietnam-une-etreinte-economique-dangereuse/).
Conséquences à court terme
Ce renversement n’est pas neutre : il transforme les chaînes de valeur touristiques, les priorités d’investissement et les stratégies marketing des deux capitales régionales, Bangkok et Hanoï. Le Vietnam, encore en phase d’expansion des capacités, mise sur une croissance rapide de ses infrastructures et une diversification des marchés visiteurs, tandis que la Thaïlande cherche à stabiliser des flux qui restent néanmoins les plus importants de l’ASEAN par volume.
Des modèles économiques divergents
Les deux pays n’opèrent pas sur la même matrice économique. La Thaïlande demeure très dépendante du tourisme : il représente près de 12% du PIB et emploie plus de 4,19 millions de personnes. Cette dépendance explique en partie des décisions politiques qui visent davantage à gérer les volumes qu’à les maximiser à tout prix.
Le poids du tourisme en Thaïlande
Pour limiter les excès du surtourisme, le gouvernement a décidé, en mai 2026, de réduire la durée d’exemption de visa de 60 à 30 jours, une mesure pratique au regard d’une durée moyenne de séjour réelle qui restait proche de neuf jours. Ces choix traduisent une volonté de préserver des équilibres socio-économiques et environnementaux alors que la Thaïlande vise à revenir à des niveaux élevés avant 2026 (https://lecourrier.vn/le-vietnam-et-la-thaïlande-dynamisent-leurs-liens-economiques/1283177.html).
La stratégie vietnamienne : croissance maîtrisée ?
Le Vietnam observe la trajectoire thaïlandaise comme un avertissement face aux effets du développement sauvage. Les autorités vietnamiennes cherchent à éviter les erreurs de Bali ou de certaines destinations thaïlandaises en promouvant une croissance plus ordonnée. Néanmoins, cette croissance s’accompagne d’une course à l’équipement et à la modernisation des infrastructures pour répondre à une demande étrangère en forte hausse (https://toutelathailande.fr/vietnam-nouveau-tigre-economique-qui-menace-thailande/).
Classements et compétitivité : un rang, deux trajectoires
Les palmarès internationaux donnent une image nuancée. Dans le classement de compétitivité mondiale de juin 2026 de l’IMD, la Thaïlande figure à la 26e place sur 70 économies, tandis que le Vietnam, pour sa première entrée, se place à la 27e position. À première vue, un rang d’écart peut sembler anecdotique ; il masque toutefois des dynamiques opposées.
La Thaïlande ressort avec des faiblesses structurelles bien identifiées : un mauvais classement pour l’état de droit et la perception de la corruption, qui limitent sa résilience à long terme. À l’inverse, le Vietnam, sans capital historique comparable en termes de compétitivité institutionnelle, entre avec une performance notable en efficacité des entreprises, consolidant des atouts productifs qui lui permettent de rattraper son voisin (https://thaivisa.fr/meme-une-croissance-moins-faible-que-prevu-nempechera-pas-le-vietnam-de-depasser-la-thailande/).
Interpréter les chiffres
La proximité des places dans les classements ne doit pas masquer des trajectoires différentes : la Thaïlande consolide ce qu’elle a bâti tandis que le Vietnam part d’une ardoise historiquement plus vierge, avec une marge de progression forte sur l’efficacité industrielle et l’attractivité pour certains types d’investissements. La rivalité devient ainsi moins une simple course au rang qu’une confrontation de modèles et de priorités.
Capacités et infrastructures : qui peut monter en puissance ?
Sur le plan des capacités, la Thaïlande conserve un avantage de volume : elle reste la première destination touristique de l’ASEAN par le nombre de visiteurs et vise un retour rapide à des objectifs ambitieux, autour de 36,7 millions de visiteurs en 2026. Bangkok conserve aussi une image de ville capable de se mobiliser rapidement pour de grands projets et événements (https://asiesudest.com/bangkok-sarme-pour-accueillir-les-jeux-olympiques-de-la-finance-mondiale/).
Le Vietnam, lui, n’a pas encore la capacité d’égaler la Thaïlande à l’échelle des volumes, mais il construit vite : investissements hôteliers, aéroports modernisés, routes et zones industrielles se multiplient. Ces efforts lui permettent de capter des segments de marché très rémunérateurs et de diversifier ses recettes touristiques et industrielles (https://lecourrier.vn/les-relations-thailande-vietnam-gagnent-en-dynamisme-et-en-portee-strategique/1348219.html).
Infrastructures et rythme d’investissement
La question centrale reste l’équilibre entre vitesse de montée en gamme et maîtrise des externalités : le Vietnam veut éviter le piège du développement non durable, tandis que la Thaïlande doit gérer la transition d’un modèle fondé sur la surabondance de flux vers une logique de qualité et de résilience.
Risques géopolitiques et ressources : un terrain d’affrontement indirect
Au-delà de la compétition économique, la région est minée par des tensions géopolitiques et des rivalités sur les ressources. Les frictions croissantes entre le Vietnam et le Cambodge autour des ressources sableuses et des zones maritimes constituent un exemple de ces défis qui peuvent interférer avec les projets d’infrastructures et de transport (https://asiesudest.com/les-tensions-croissantes-entre-le-vietnam-et-le-cambodge-un-potentiel-conflit-sur-les-ressources-sableuses/ ; https://asiesudest.com/le-cambodge-renaissant-un-royaume-faconne-par-les-cicatrices-du-regime-des-khmers-rouges/).
La montée en puissance du Cambodge lui-même, ainsi que des cycles de tension régionaux et globaux, complexifient l’équation : analyses et retours sur le terrain soulignent des interactions entre rivalités économiques et menaces sécuritaires, jusqu’à des débats sur la nouvelle dynamique d’armement à l’échelle mondiale (https://asiesudest.com/analyse-du-retour-du-cambodge-et-des-tensions-croissantes-entre-linde-et-le-pakistan-vers-un-cycle-guerrier/ ; https://asiesudest.com/le-risque-au-plus-haut-lombre-inquietante-dune-nouvelle-course-mondiale-a-larme-nucleaire/).
Coopération ou confrontation ?
Malgré ces risques, des initiatives bilatérales cherchent à canaliser la concurrence vers la coopération économique. Les liens commerciaux et les projets communs sont mis en avant dans plusieurs analyses, qui soulignent néanmoins la nécessité d’un cadre institutionnel pour prévenir les désaccords stratégiques (https://lecourrier.vn/le-vietnam-et-la-thaïlande-dynamisent-leurs-liens-economiques/1283177.html).
Impacts sur la région et perspectives
La rivalité accrue entre la Thaïlande et le Vietnam redessine les équilibres en Asie du Sud-Est. Elle influence les choix d’investisseurs, la cartographie des flux touristiques, et même les alliances politiques. Le débat public et les médias analysent cette dynamique tantôt comme une menace pour la stabilité régionale, tantôt comme une opportunité de rehausser la compétitivité et la qualité des offres (https://thaivisa.fr/thailande-vietnam-une-etreinte-economique-dangereuse/ ; https://asiesudest.com/bangkok-sarme-pour-accueillir-les-jeux-olympiques-de-la-finance-mondiale/).
Les trajectoires nationales restent distinctes : l’une cherche à tempérer des excès et à protéger des secteurs massifs d’emploi, l’autre à accélérer sa montée en gamme et à capter de nouveaux marchés. Entre gestion des volumes et optimisation de la valeur, la rivalité s’intensifie comme jamais auparavant, avec des conséquences qui dépassent désormais le simple duel bilatéral.
FAQ — Rivalité économique et touristique entre la Thaïlande et le Vietnam
Q. Quel est le fait le plus marquant de cette rivalité en 2025 ?
R. Le signe le plus net est le basculement des flux de visiteurs chinois : en 2025, le Vietnam a attiré environ 5,3 millions de touristes en provenance de Chine, tandis que la Thaïlande en a reçu environ 4,5 millions, un premier renversement sur ce marché clé.
Q. La baisse du tourisme en Thaïlande concerne-t-elle l’ensemble des visiteurs ?
R. Oui : les arrivées internationales en Thaïlande ont reculé d’environ 7,2% en 2025, pour atteindre près de 33 millions de visiteurs. La chute a été particulièrement marquée chez les touristes chinois, qui ont diminué d’environ un tiers.
Q. Quelles sont les causes de la diminution des touristes chinois vers la Thaïlande ?
R. Plusieurs facteurs ont contribué, dont un recul de la demande chinoise et des inquiétudes liées à des réseaux de centres d’appels frauduleux opérant en Birmanie et au Cambodge, qui ont pesé sur la confiance des visiteurs.
Q. Le Vietnam cherche-t-il à reproduire le modèle touristique thaïlandais ?
R. Le Vietnam regarde la Thaïlande à la fois comme un modèle et comme un avertissement : il veut profiter de la croissance sans répéter les erreurs du surdéveloppement et du surtourisme observés ailleurs en Asie du Sud-Est.
Q. Pourquoi la Thaïlande ne peut-elle pas réduire facilement ses flux touristiques ?
R. Parce que le tourisme représente une part importante de son économie — autour de 12% du PIB — et qu’il emploie plusieurs millions de personnes (environ 4,19 millions), toute limitation des volumes affecterait massivement l’emploi et les revenus.
Q. Quelles mesures concrètes la Thaïlande a-t-elle prises récemment ?
R. En mai 2026, le gouvernement a réduit la durée de l’exemption de visa de 60 à 30 jours, reflétant un effort pour modérer les séjours, alors que la durée moyenne réelle de séjour restait faible, autour de neuf jours.
Q. Comment ces pays se positionnent-ils dans les classements de compétitivité ?
R. Dans le classement de compétitivité mondial de l’IMD publié en juin 2026, la Thaïlande se situe juste devant le Vietnam (respectivement 26e et 27e sur 70), mais cette proximité cache des trajectoires différentes : la Thaïlande consolide un acquis tandis que le Vietnam fait une entrée remarquée.
Q. Quelles faiblesses structurelles affectent la Thaïlande ?
R. Des indicateurs signalent des défis permanents : la Thaïlande présente des scores plus faibles sur l’état de droit et la lutte contre la corruption, des points qu’une institution locale a placés loin du sommet du classement.
Q. Le Vietnam est-il déjà capable de rivaliser à l’échelle régionale ?
R. Pas encore à la même échelle : la Thaïlande reste la première destination de l’ASEAN en volume et vise un objectif de près de 36,7 millions de visiteurs en 2026. Le Vietnam n’a pas encore les capacités pour égaler ce niveau, mais il se développe rapidement.
Q. Quel rôle joue la Chine dans ce rééquilibrage régional ?
R. La Chine est l’élément déclencheur visible du rééquilibrage : le basculement des touristes chinois vers le Vietnam en 2025 illustre comment les choix et les flux chinois peuvent remodeler rapidement la donne touristique et économique en Asie du Sud-Est.