Escroqueries en ligne au Cambodge : la colère grandissante des Chinois confrontés au gel de leurs comptes

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By Onitsuka

EN BREF

  • Lieu et date : Heurts devant la Banque nationale du Cambodge à Phnom Penh, 27 avril 2026.
  • Qui : Des dizaines de ressortissants chinois, drapeaux rouges et jaunes agités.
  • Motif : Colère contre le gel de leurs comptes sur la plateforme H-Pay (ex-Huione Pay), bloqués depuis décembre.
  • Violences : Affrontements parapluies vs matraques, au moins deux blessés.
  • Personnalité clé : Li Xiong, ex-président du groupe Huione, extradé vers la Chine le 1er avril.
  • Accusations internationales : En 2025, la FiNCEN a classé Huione comme «préoccupation majeure en matière de blanchiment d’argent», évoquant des liens avec la Corée du Nord et des cybercriminels.
  • Revendiations : Les manifestants assurent être innocents et réclament à la BNC le déblocage de leurs fonds — certains évoquent 50 000 $ ou plus.
  • Impact : Salaires impayés depuis environ trois mois; licences révoquées pour les entités incriminées.
  • Contexte : D’autres rassemblements ont déjà eu lieu en avril devant la BNC et l’ambassade de Chine à Phnom Penh.

Au cœur d’une vague d’escroqueries en ligne au Cambodge, des dizaines de ressortissants chinois ont vu leur colère monter d’un cran après le gel de leurs comptes. Le 27 avril 2026, des manifestants ont investi les abords de la Banque nationale du Cambodge à Phnom Penh, brandissant drapeaux rouges et jaunes pour réclamer l’accès à des fonds bloqués depuis décembre sur la plateforme H-Pay (ex-Huione). Des heurts ont éclaté — parapluies contre matraques — faisant au moins deux blessés, tandis que des chefs d’entreprise se plaignent de sommes gelées, parfois autour de 50 000 dollars, les empêchant de payer leurs employés. En toile de fond, l’extradition le 1er avril de l’ancien dirigeant Li Xiong vers la Chine et la mise sur liste 2025 de FinCEN pour risque de blanchiment et liens présumés avec la Corée du Nord nourrissent la polémique ; les manifestants affirment pourtant leur innocence et exigent des réponses de la BNC.

Résumé rapide : Des dizaines de ressortissants chinois ont manifesté devant la Banque nationale du Cambodge à Phnom Penh pour réclamer l’accès à leurs comptes bloqués sur la plateforme de paiement H-Pay (ex-Huione Pay). Les heurts entre manifestants et agents de sécurité ont fait des blessés, tandis que les autorités tentent de démêler un réseau d’escroqueries en ligne et de blanchiment dont le groupe Huione est soupçonné. La situation soulève des questions économiques, juridiques et diplomatiques à l’échelle régionale.

Les faits sur le terrain

Le 27 avril, une foule de citoyens chinois, drapeaux rouges et jaunes à la main, s’est rassemblée devant la BNC pour dénoncer le gel de comptes sur la plateforme H-Pay. Les manifestants affirment ne rien devoir à la justice et réclament la restitution de leurs fonds, bloqués depuis décembre.

Manifestation et heurts

La scène a rapidement dégénéré : certains protestataires se sont protégés avec des parapluies tandis que des agents de sécurité locaux ripostaient avec des matraques. Le face-à-face a fait au moins deux blessés parmi les manifestants, selon des témoins. D’autres rassemblements similaires avaient déjà eu lieu au cours du mois, devant la BNC et même devant l’ambassade de Chine à Phnom Penh.

Comptes gelés et désarroi

Les personnes présentes expliquent que leurs comptes bloqués les empêchent de payer leurs employés ou de faire tourner leur petite entreprise. L’affaire a des airs kafkaïens : des entrepreneurs comme Wang Xijun clament leur soutien à la répression des jeux d’argent illégaux, tout en exigeant que l’on ne pénalise pas les citoyens ordinaires. « Rendez l’argent du peuple », lance une partie de la foule, certains affirmant avoir plusieurs dizaines de milliers de dollars immobilisés.

Qui est derrière H-Pay / Huione ?

La plateforme en cause appartient au groupe Huione, anciennement présent dans le paiement numérique, le commerce électronique et l’échange de cryptomonnaies. En 2025, le département du Trésor américain, via le FiNCEN, a classé le groupe comme une « préoccupation majeure en matière de blanchiment d’argent », l’associant à des intérêts proches de la Corée du Nord et à des cybercriminels d’Asie du Sud-Est.

L’extraction de Li Xiong, ancien président du groupe, vers la Chine le 1er avril a renforcé la suspicion sur le réseau. Pékin l’accuse d’être au centre d’une organisation de fraudes et de jeux d’argent en ligne. Cette extradition a laissé des milliers d’utilisateurs perplexes : où est passé l’argent ? Les enquêtes continuent et les licences de certaines entités liées au groupe ont été révoquées.

Pour mieux comprendre l’environnement des arnaques numériques au Cambodge, une plongée détaillée est disponible ici : https://asiesudest.com/plongee-exclusive-dans-les-terrains-de-jeu-des-cyber-arnaques-au-cambodge/.

Victimes et témoignages

Les manifestants ne sont pas des fantômes : propriétaires d’entreprises, travailleurs de l’hôtellerie, restaurateurs — tous racontent la même frustration. Li Shangfu, par exemple, dit avoir « des dizaines de milliers de dollars » gelés, et s’interroge publiquement : l’argent existe-t-il encore ?

Ces histoires individuelles résonnent dans une série d’affaires similaires en Asie du Sud-Est ; certaines victimes ont même été enlevées ou entraînées dans des réseaux transfrontaliers, comme le relate l’enquête sur l’odyssée tragique de Wang Xing : https://asiesudest.com/lodyssee-tragique-de-wang-xing-un-acteur-chinois-victime-denlevement-en-thailande-pour-un-reseau-descroquerie-en-ligne/.

Conséquences économiques et humaines

Au-delà de l’indignation, le gel des fonds a des effets concrets : salaires impayés, entreprises au ralenti, dettes accumulées. Un chef d’entreprise a déclaré être incapable de payer son personnel depuis trois mois à cause d’environ 50 000 dollars immobilisés.

Sur un plan plus large, ces incidents rappellent la vulnérabilité des plateformes numériques mal régulées et l’impact sur des populations qui croyaient utiliser des services fiables. Des affaires liées aux escroqueries en ligne touchent aussi d’autres pays de la région : par exemple, des retraités japonais ont été victimes d’escroqueries massives en Thaïlande, cas détaillé ici : https://asiesudest.com/choc-au-japon-200-000-retraites-victimes-dune-vaste-escroquerie-en-thailande-un-reseau-criminel-demantele/.

Réactions des autorités et enjeux régionaux

Les autorités cambodgiennes se retrouvent coincées entre la nécessité de coopérer avec des partenaires étrangers pour démanteler des réseaux criminels et la pression des usagers qui exigent des réponses rapides. L’extradition de cadres comme Li Xiong et le retrait de licences sont des signes d’action, mais ils n’apportent pas encore de solutions aux victimes.

La lutte contre les centres d’escroquerie s’étend au-delà du Cambodge : des mesures aussi dures que la suspension de l’approvisionnement électrique ont été prises en Thaïlande pour contrer des centres frauduleux opérant depuis la Birmanie — illustration de la dimension transnationale du problème : https://asiesudest.com/la-thailande-suspend-lapprovisionnement-electrique-dans-cinq-regions-birmanes-pour-lutter-contre-les-centres-de-fraudes-en-ligne/.

Pour un panorama hebdomadaire des événements marquants au Cambodge et dans la région, cette synthèse est utile : https://asiesudest.com/resume-des-faits-marquants-de-la-semaine-au-cambodge/.

Enquête et responsabilités

Les autorités financières internationales et locales mènent des investigations : le FiNCEN a déjà pointé le groupe Huione comme entité à risques, alléguant des liens avec des réseaux de blanchiment et des acteurs nord-coréens. Mais entre listes noires, révoquations de licences et arrestations, la question centrale reste : comment restituer des fonds à des centaines — peut-être des milliers — de personnes prises dans ce tourbillon ?

Pour comprendre les mécanismes derrière ces arnaques et la manière dont elles opèrent sur le terrain, voir aussi cette enquête de fond : https://asiesudest.com/plongee-exclusive-dans-les-terrains-de-jeu-des-cyber-arnaques-au-cambodge/.

Que demandent les manifestants ?

Les revendications sont simples et pressantes : débloquer les comptes, fournir une transparence sur le sort des fonds, et garantir une procédure de recours claire. Beaucoup réclament une réponse tranchée de la BNC : un état des lieux des comptes, un calendrier de restitution ou au moins une preuve que l’argent existe toujours.

La colère s’accompagne d’un désir pragmatique : preuve, accélération des procédures judiciaires, et garanties pour éviter que des citoyens lambda ne se retrouvent à nouveau pris dans une toile d’arnaques numériques.

Pour approfondir le contexte régional et les répercussions des réseaux d’escroquerie, cet article sur les terrains de jeu des cyber-arnaques offre un complément éclairant : https://asiesudest.com/plongee-exclusive-dans-les-terrains-de-jeu-des-cyber-arnaques-au-cambodge/.

FAQ — Escroqueries en ligne au Cambodge : ce que veulent savoir les personnes concernées

Q. Que s’est-il passé devant la Banque nationale du Cambodge le 27 avril 2026 ?

R. Ce jour-là, une foule de manifestants, principalement des citoyens chinois, s’est rassemblée à Phnom Penh pour réclamer l’accès à leurs comptes bloqués. La manifestation, animée et parfois tendue, a dégénéré en heurts entre protestataires munis de parapluies et des agents de sécurité locaux armés de matraques, faisant au moins deux blessés.

Q. Pourquoi ces comptes ont-ils été gelés ?

R. Les comptes sont hébergés sur la plateforme de paiements numériques H-Pay (anciennement Huione Pay). Le groupe Huione, dont plusieurs entités fournissaient des services de paiement, commerce électronique et échanges de cryptomonnaies, est visé par des accusations de blanchiment liées à un vaste réseau d’arnaques en ligne. Des autorités étrangères et des organismes financiers ont pointé du doigt ces activités, ce qui a conduit au gel des fonds.

Q. Depuis quand les comptes sont-ils gelés ?

R. Les manifestants expliquent que les blocs datent de décembre dernier, et que de nombreux clients n’ont pas pu accéder à leurs avoirs depuis plusieurs mois.

Q. Qui est Li Xiong et quel est son rôle dans cette affaire ?

R. Li Xiong est l’ancien président du groupe Huione, qui contrôlait plusieurs sociétés offrant des services financiers et de paiement. Il a été extradé du Cambodge vers la Chine le 1er avril 2026, où Pékin l’accuse d’être lié à une organisation criminelle spécialisée dans les jeux d’argent et la fraude.

Q. Y a-t-il des soupçons internationaux concernant le groupe Huione ?

R. Oui. En 2025, l’entité américaine FinCEN a classé le groupe comme une « préoccupation majeure en matière de blanchiment d’argent », estimant que certaines de ses activités pouvaient profiter à des acteurs comme la Corée du Nord et à des cybercriminels en Asie du Sud-Est.

Q. Les manifestants sont-ils impliqués dans les arnaques reprochées au groupe ?

R. Les personnes rassemblées devant la BNC affirment ne pas être mêlées aux crimes présumés. Elles se disent citoyens ordinaires et entrepreneurs locaux qui utilisaient H-Pay parce qu’ils la jugeaient pratique et digne de confiance, et demandent maintenant des explications et l’accès à leurs fonds.

Q. Que réclament précisément les protestataires ?

R. Ils demandent que la Banque nationale du Cambodge débloque leurs comptes ou fournisse une réponse claire sur l’existence et la restitution de leurs fonds. Certains témoignages évoquent plusieurs dizaines de milliers de dollars bloqués — un manifestant a, par exemple, déclaré avoir 50 000 dollars immobilisés, l’empêchant de payer son personnel.

Q. Y a-t-il eu d’autres actions similaires récemment ?

R. Oui. D’autres rassemblements ont eu lieu en avril, notamment devant la BNC et l’ambassade de Chine à Phnom Penh, signe d’une colère qui monte depuis le blocage des comptes.

Q. Les autorités cambodgiennes ont-elles pris des mesures contre Huione ?

R. Des mesures ont été annoncées, dont la révocation de licences pour certaines entités liées au groupe et des enquêtes menées par les autorités locales, en coordination avec des partenaires internationaux, afin de clarifier la nature des activités et la traçabilité des fonds.

Q. Que peuvent faire les personnes dont les comptes sont gelés ?

R. Elles sont invitées à rassembler tous les documents prouvant la propriété des fonds (relevés, contrats, justificatifs d’activité) et à contacter les autorités compétentes — la BNC, les services financiers locaux ou leurs avocats — pour demander des informations. Beaucoup réclament aussi une communication plus transparente sur le suivi des enquêtes.

Q. Cette affaire risque-t-elle d’affaiblir la confiance dans les services de paiement numériques au Cambodge ?

R. L’incident soulève clairement des questions sur la sécurité et la transparence des plateformes de paiement. Pour les utilisateurs, la leçon est de diversifier les canaux financiers, de vérifier les licences et de suivre les mises à jour des autorités pour éviter d’être pris au piège en cas de défaillance d’un prestataire.

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