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EN BREF
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Charles Dallet, né à Langres en 1829 et disparu en 1878, incarne le missionnaire-voyageur du XIXe siècle, parcourant l’Asie, l’Inde et les Amériques avec une énergie presque contradictoire à une santé fragile. Formé au petit puis au Grand séminaire puis aux Missions Étrangères de Paris, ordonné en 1852, il se fait également typographe-imprimeur et maîtrise plusieurs langues, au total neuf. Malgré des affections récurrentes, notamment des crises d’épilepsie, il rédige, sans avoir mis les pieds sur place, la monumentale L’Histoire de l’Église de Corée, ouvrage qui fut redécouvert bien des années plus tard par le chercheur Pierre-Emmanuel Roux, aujourd’hui auteur d’un travail à paraître en 2027 sur cette existence singulière.
Charles Dallet, né à Langres en 1829, incarne le portrait d’un missionnaire-voyageur dont la trajectoire traverse continents, maladies et écritures. De sa formation au Grand Séminaire aux Missions Étrangères de Paris, de son départ pour l’Inde à ses pérégrinations en Amérique et en Asie du Sud-Est, son destin se clôt au Viêt Nam en 1878. Cet article retrace sa vie singulière à partir des recherches contemporaines, notamment la présentation de Pierre-Emmanuel Roux à la salle Niederberger et la redécouverte de son œuvre majeure, L’Histoire de l’Église de Corée, publiée pour la première fois en 1874.
La redécouverte par Pierre-Emmanuel Roux
Le récit de Charles Dallet a refait surface lors d’une conférence donnée par Pierre-Emmanuel Roux, maître de conférences à l’Université Paris Cité, salle Niederberger, mardi 28 avril. C’est au détour d’un voyage en Corée, dans la boutique d’un temple, que M. Roux est tombé sur une réédition de L’Histoire de l’Église de Corée, œuvre initialement parue en 1874 et signée par Dallet. Cette trouvaille a suscité une enquête biographique approfondie et un exposé qui a tenu l’auditoire en haleine pendant près de deux heures.
Origines et formation ecclésiastique
Né à Langres en 1829, Charles Dallet suit un parcours classique pour l’époque : fréquentation du petit séminaire, puis du Grand Séminaire de 1847 à 1850, avant d’intégrer les Missions Étrangères de Paris où il achève sa formation théologique entre 1850 et 1852. Ordonné prêtre au séminaire de Notre-Dame en 1852, il se prépare à un engagement missionnaire dans un monde encore largement fermé aux influences occidentales.
Un métier, des langues : typographe-imprimeur et polyglotte
Conscient de l’importance de la diffusion écrite, Dallet choisit d’apprendre un métier utile aux missions : typographe-imprimeur. Cette compétence technique va de pair avec une curiosité linguistique remarquable : il maîtrise neuf langues, dont l’anglais et plusieurs dialectes hindis — atout essentiel pour un missionnaire itinérant au XIXe siècle.
Le projet japonais et le départ pour l’Inde
Initialement attiré par le Japon, pays alors fermé aux catholiques, Dallet se tourne finalement vers l’Inde. En 1853, il rejoint la mission de Mysore, dans le sud de l’Inde. Ce choix illustre la flexibilité des parcours missionnaires : face aux frontières politiques et religieuses, les prêtres s’adaptaient et réorientaient leurs engagements.
Fragilité de la santé et navettes entre continents
Tout au long de sa vie active, la santé de Dallet reste précaire. Il souffre d’érysipèle, de fréquents maux de tête, de crises d’épilepsie et de troubles digestifs récurrents. Ces afflictions poussent souvent ses supérieurs à ordonner des retours en France pour convalescence. Le rythme de son existence devient une succession de départs et de retours, une mobilité contrainte autant par la mission que par la maladie.
Un historien sans avoir foulé la Corée
De retour à Paris, Dallet se plonge dans les correspondances et les rapports envoyés depuis la Corée. Sans jamais avoir mis les pieds sur place, il compile témoignages et lettres pour rédiger son œuvre majeure, L’Histoire de l’Église de Corée. Ce travail d’archives et de synthèse témoigne d’une méthode érudite et d’une volonté de rendre compte d’une Église loin des radars européens.
Parcours transcontinental : Amériques, Canada et Asie du Sud-Est
Outre l’Inde et la Corée, Dallet parcourt l’Amérique du Sud et du Nord, jusqu’au Canada, multipliant contacts et observations sur la diffusion du catholicisme. Ces voyages soulignent la dimension transnationale de l’engagement missionnaire au XIXe siècle : une époque où les réseaux ecclésiastiques tissaient des liaisons autour du globe.
Rencontre avec Pie IX et derniers combats
Au fil de ses déplacements, Dallet gagne en notoriété et rencontre même le pape Pie IX à Rome, marque de la reconnaissance de son œuvre et de son engagement. Pourtant, affaibli, il continue sa route jusqu’au Viêt Nam, où il meurt à So Kien en 1878, mettant fin à une carrière marquée par l’exil, l’écriture et la quête missionnaire.
L’héritage littéraire et la recherche actuelle
La réédition du livre de Dallet et la conférence de Pierre-Emmanuel Roux ont relancé l’intérêt pour ce personnage méconnu. M. Roux prépare un ouvrage qui paraîtra en 2027, promettant une relecture documentée et critique de la vie et des écrits de Dallet. Cette entreprise historiographique illustre la manière dont des découvertes fortuites — un livre acheté dans la boutique d’un temple — peuvent renouveler notre compréhension du passé.
Échos contemporains : voyages et regards sur l’Asie du Sud-Est
La trajectoire de Dallet, mêlant exploration, obstacles politiques et rencontres culturelles, trouve un parallèle dans les récits de voyageurs contemporains qui découvrent aujourd’hui l’Asie du Sud-Est sous de nouvelles formes. Pour prolonger cette réflexion, plusieurs reportages et enquêtes modernes offrent des paysages actuels du Cambodge et des dynamiques touristiques régionales, comme ce récit visuel sur les écoles au Cambodge : Voyage visuel : découverte des écoles au Cambodge ou cette immersion proposée aux lecteurs voyageurs : Découvrez le Cambodge à travers les yeux des lecteurs voyageurs.
Les enjeux touristiques contemporains, qu’ils soient politiques ou sanitaires, contrastent aussi avec l’époque de Dallet. Le Cambodge élabore de nouvelles stratégies pour 2027-2028 afin d’attirer et d’innover dans le secteur : Le Cambodge peaufine sa vision touristique pour 2027-2028. Par ailleurs, la mobilité des voyageurs est aujourd’hui encadrée différemment, comme l’illustre l’instauration d’un formulaire obligatoire pour les visiteurs en Thaïlande : Nouvelle exigence : un formulaire obligatoire pour tous les voyageurs en Thaïlande, tandis que les comportements et tensions contemporaines donnent lieu à des débats publics : Incivilités en Thaïlande : tensions croissantes liées au comportement de certains jeunes voyageurs français.
De notre correspondant Benoît Gruhier
FAQ — Vie et parcours de Charles Dallet
Q Qui était Charles Dallet ?
R Charles Dallet (1829-1878) était un prêtre français originaire de Langres, envoyé par les Missions Étrangères de Paris, connu pour son itinéraire missionnaire et pour avoir rédigé une histoire majeure de l’Église en Corée.
Q D’où provient l’information sur Dallet présentée lors de la conférence ?
R L’exposé a été donné par Pierre-Emmanuel Roux, maître de conférences à l’Université Paris Cité, dans la salle Niederberger, le mardi 28 avril ; il s’est appuyé sur des sources et sur une découverte faite en Corée.
Q Comment Pierre-Emmanuel Roux a-t-il découvert Dallet ?
R Il a trouvé une réédition de L’Histoire de l’Église de Corée dans la boutique d’un temple visité en Corée, ce qui a déclenché ses recherches sur ce personnage singulier.
Q Quelle formation religieuse a suivi Dallet ?
R Né à Langres, il a fréquenté le petit puis le Grand séminaire, puis a complété sa formation aux Missions Étrangères de Paris entre 1850 et 1852 avant d’être ordonné prêtre au séminaire de Notre-Dame en 1852.
Q Quelles compétences particulières avait-il ?
R Outre sa formation religieuse, Dallet devint typographe-imprimeur et maîtrisa plusieurs langues : on lui attribue la connaissance de neuf langues, dont l’anglais et cinq dialectes hindis.
Q Où Dallet a-t-il exercé son ministère ?
R Il souhaitait se rendre au Japon mais, face aux difficultés d’accès, il partit en Inde en 1853, à la mission de Mysore, puis mena une vie itinérante qui le conduisit aussi en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et au Canada.
Q Quels problèmes de santé a-t-il rencontrés ?
R Sa santé était fragile : il souffrait d’érysipèle, de maux de tête fréquents, de crises d’épilepsie et de troubles digestifs, ce qui a parfois entraîné des retours forcés en France.
Q Comment a-t-il pu écrire sur la Corée sans s’y rendre ?
R De retour à Paris, Dallet a collecté et étudié les lettres et témoignages envoyés depuis la Corée, qui lui ont permis de rédiger L’Histoire de l’Église en Corée sans y avoir mis les pieds.
Q Quelle est la date de parution de son ouvrage original sur la Corée ?
R L’ouvrage original est paru pour la première fois en 1874; la version découverte par Pierre-Emmanuel Roux était une réédition.
Q Où et quand Dallet est-il décédé ?
R Après une vie de voyages, il est mort en 1878 au Viêt Nam, à So Kien.
Q Quel lien entre la conférence et un futur ouvrage ?
R Lors de la conférence, il a été annoncé que Pierre-Emmanuel Roux prépare un ouvrage à paraître en 2027 qui retracera la vie et l’œuvre de Charles Dallet.
Q Qui a rédigé le compte rendu de la conférence ?
R Le texte rapportant la venue de Pierre-Emmanuel Roux et sa présentation de Charles Dallet est signé par le correspondant Benoît Gruhier.