Malgré mes cris pour leur dire ma grossesse, la réaction choquante des policiers m’a bouleversée…

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By Onitsuka

EN BREF

  • Ancienne institutrice, elle s’est engagée en 2016 après avoir constaté des injustices sociales.
  • Rapidement placée sous surveillance et soumise à des pressions visant sa famille.
  • En 2019, kidnappée par des policiers en civil : malgré ses cris pour signaler sa grossesse, elle a été battue et a subi une fausse couche.
  • Jugée dans un procès expédié et condamnée à 3 ans 3 mois pour « trouble à l’ordre public ».
  • Conditions de détention qualifiées d’inhumaines : torture, absence de soins, eau insalubre, douches publiques et travail forcé.
  • Obligée de signer des aveux filmés et contrainte à un silence forcé avant de reprendre son activité militante.
  • Harcèlement transfrontalier : mandats d’arrêt falsifiés, pression sur l’ONU et ambassades; elle a finalement pris la fuite vers la Thaïlande puis l’Allemagne.
  • Sa famille restée au Vietnam subit des intimidations et des convocations policières.
  • Elle appelle à dénoncer la vérité et compte sur le soutien extérieur pour favoriser un changement politique.

Je hurlais pour dire que j’étais enceinte quand on m’a arrachée à la rue. La réaction des policiers a été d’une brutalité insoutenable : frappée, bâillonnée et séquestrée, ils semblaient vouloir provoquer une fausse couche. Hospitalisée à la suite de ces violences, je suis restée profondément traumatisée, conscience d’avoir subi un enlèvement et une persécution d’État qui ont bouleversé mon existence.

Ancienne institutrice devenue militante, elle a vu sa vie basculer après avoir dénoncé les injustices qui frappent son pays. D’abord observée puis harcelée, elle a été victime d’un enlèvement en pleine rue où, malgré ses cris pour signaler sa grossesse, les policiers l’ont brutalement battue jusqu’à provoquer une fausse couche. Cette prise de parole publique, suivie d’une condamnation et d’un emprisonnement marqué par des conditions inhumaines et du travail forcé, n’a pas étouffé son engagement : aujourd’hui réfugiée, elle continue de raconter son histoire pour alerter l’opinion internationale et soutenir celles et ceux qui luttent contre la répression.

Son parcours commence dans la tranquillité d’une école primaire, où elle puisait sa joie dans la lecture aux enfants. Issue d’une famille proche du pouvoir, elle n’avait jamais envisagé la dissidence. Mais confrontée à des faits répétés d’injustice sociale, elle s’est informée, a pris la parole et s’est retrouvée rapidement dans le collimateur des autorités. La surveillance, la pression exercée sur ses proches et l’isolement progressif ont préparé le terrain à l’acte le plus choquant : une arrestation musclée en pleine rue.

De l’enseignante discrète à la militante ciblée

Ce basculement est né d’une prise de conscience. En cherchant des informations en ligne, elle a réalisé que les problèmes qu’elle observait n’étaient pas isolés mais généralisés. Sa parole publique a été interprétée comme une menace : surveillance continue, filatures et tentatives répétées de la faire taire par des pressions sur sa famille. Ces tactiques visent autant à l’effrayer qu’à dissuader son entourage de la soutenir.

Les autorités n’ont pas hésité à instrumentaliser son image et sa réputation : la diffusion de vidéos où elle « se rétracte » et des convocations incessantes de ses proches sont des méthodes connues pour casser la popularité d’un opposant. Ce type de harcèlement n’est pas isolé dans la région : on retrouve, dans des contextes voisins, des stratégies similaires révélées par la presse régionale, comme des manipulations judiciaires et des répercussions sur la vie publique en Thaïlande (enquête sur le système judiciaire thaïlandais).

L’enlèvement en pleine rue et la violence malgré ma grossesse

Lors de son enlèvement, les agents avaient recours à une mise en scène : la plupart en civil, un seul en uniforme pour justifier l’intervention si la victime criait. Quand elle a alerté qu’elle était enceinte, au lieu de protéger sa grossesse, les policiers l’ont frappée avec l’intention, manifeste d’après elle, d’envoyer un message dissuasif aux autres militants. La violence a été si grave qu’elle a dû être hospitalisée et a perdu son enfant. Cet épisode a laissé des séquelles physiques et psychologiques profondes.

Des faits similaires, où des femmes subissent des violences pendant ou autour d’interventions policières, ont été documentés ailleurs et relayés par les médias, illustrant un pattern inquiétant de brutalité envers des femmes en situation vulnérable (violence sur une femme enceinte, intervention policière et grossesse).

Procès bâclé, condamnation et conditions carcérales inhumaines

Accusée de trouble à l’ordre public, elle a été jugée lors d’une audience dont l’accès avait été rendu impossible pour ses proches par une présence policière massive et un brouillage des réseaux mobiles. Ses avocats n’ont eu que la possibilité de lire une déclaration, sans véritable plaidoirie. La sentence : plus de trois ans d’emprisonnement.

En détention, elle décrit des conditions dégradantes : alimentation avariée à des prix exorbitants, accès limité à une eau potable non filtrée, impossibilité d’obtenir des soins médicaux et d’accueillir des visites. Les douches sans intimité, le travail imposé de l’aube au soir et la menace constante de sanctions financières pour ne pas atteindre les quotas rendent la détention particulièrement pénible. Des contrats entre établissements pénitentiaires et entreprises privées transforment ces lieux en centres de travail forcé, allant de la confection de vêtements à des tâches pénibles comme la taille de pierre ou des travaux agricoles.

La torture physique et psychologique n’est pas une exception selon son récit. En tant que dirigeante d’un petit groupe de militants, elle a fait l’objet de traitements plus sévères. Après sa libération, de nombreuses autres détenues ont confirmé que la situation restait très variable d’une prison à l’autre, chaque établissement fonctionnant comme un « royaume » sous l’autorité de son directeur, sans contrôle extérieur.

La répression ne s’arrête pas à la frontière : intimidations à l’étranger

Fuyant le risque d’une nouvelle incarcération, elle a réussi à quitter le pays et à passer par la Thaïlande avant d’obtenir une protection en Europe. Mais la pression a continué : le régime a émis des mandats d’arrêt à son encontre, l’a accusée d’affaires criminelles fabriquées, et a même contacté des institutions internationales pour tenter de faire annuler sa reconnaissance comme réfugiée. Ces tentatives montrent la volonté des autorités de maintenir l’étouffement au-delà des frontières nationales, comme le rapporte la couverture de cas similaires dans la région (mesures d’expulsion au Cambodge).

À l’étranger, ses témoignages ont été relayés via des formats variés : podcasts, vidéos et reels. Des extraits et éléments visuels représentent des preuves et des appels au soutien, accessibles sur des plateformes comme YouTube (témoignage vidéo) et sur des reels partagés publiquement (reel, autre reel).

Les répercussions familiales : intimidation, perquisitions et traumatismes

Sa famille restée au pays n’a pas été épargnée. Son fils a été convoqué à plusieurs reprises, et ses parents subissent des perquisitions répétées destinées à les intimider. Des autorités sont venues saisir des biens personnels, dans le but évident de briser les liens et venger l’engagement de leur fille. Ce type de pression sur les proches est une stratégie de dissuasion bien connue, qui a des conséquences durables sur la santé mentale et la sécurité des familles.

La fuite, le refuge et la nécessité d’une solidarité extérieure

Elle a temporairement cessé toute activité publique sous la contrainte : des vidéos la montrant « se rétracter » ont été diffusées pour la dissuader. Malgré cela, la surveillance et les enlèvements se sont poursuivis. Finalement, elle a pris la décision de fuir, consciente que la seule façon de continuer à témoigner serait depuis l’extérieur. Elle estime que le soutien international et la visibilité médiatique sont essentiels pour alléger la répression interne et pour donner aux Vietnamiens le courage de s’exprimer.

Un appel à briser le silence et à amplifier la vérité

Sa conviction est que le changement viendra lorsque la vérité sera rendue accessible et entendue par la population. Face à une propagande d’État qui prétend que tout va bien, il est nécessaire d’apporter des récits vérifiables et de maintenir la pression diplomatique et médiatique. Des signes de lassitude vis-à-vis du régime commencent à apparaître, mais la transition dépendra de la capacité des citoyens à oser et de l’appui extérieur pour préserver leur sécurité.

Les dynamiques régionales montrent combien il est crucial de rester vigilant : entre révélations judiciaires et scandales, la région connaît des crises de confiance envers certaines institutions (déclin touristique lié aux préoccupations de sécurité, affaires à haute visibilité, actions policières atypiques), rappelant que la lutte pour les droits humains dépasse les frontières.

Foire aux questions — Enquête sur l’arrestation, la détention et l’exil d’une militante vietnamienne

Q : Qui est la personne au centre de cet article et quel était son parcours avant l’engagement politique ?

R : Il s’agit d’une ancienne institutrice qui menait une vie discrète, aimant lire aux enfants dans la bibliothèque de l’école. Issue d’une famille proche du pouvoir, elle n’avait pas grandi dans l’idée de s’opposer aux autorités, mais a été poussée à agir face aux injustices sociales qu’elle observait autour d’elle.

Q : Qu’est-ce qui l’a motivée à prendre la parole contre le régime ?

R : Après avoir constaté des pratiques injustes et s’être informée via internet, elle a compris que ces problèmes touchaient de nombreux Vietnamiens. Le sentiment d’injustice généralisée l’a conduite à dénoncer publiquement les agissements des autorités.

Q : Les autorités l’ont-elles immédiatement ciblée ?

R : Oui. Très vite elle a été placée sous surveillance : déplacements suivis, interceptions régulières et pressions exercées sur sa famille pour la faire taire.

Q : Que s’est-il passé lors de l’enlèvement en 2019 et quelles en ont été les conséquences ?

R : Des agents en civil l’ont agressée dans la rue. Malgré ses appels indiquant qu’elle était enceinte, elle a été frappée à plusieurs reprises, conduite dans un lieu de détention temporaire, bâillonnée et battue. Elle a ensuite perdu son enfant, suite aux violences subies, et a dû être hospitalisée.

Q : A-t-elle été poursuivie par la justice ?

R : Oui. Elle a été arrêtée et jugée pour des faits qualifiés de « trouble à l’ordre public ». Le procès s’est déroulé dans des conditions opaques : forte présence policière autour du tribunal, brouillage des communications et restriction du droit de plaider pour sa défense, ce qui a abouti à une condamnation de plusieurs années de prison.

Q : Quelles étaient les conditions de détention dénoncées ?

R : Elle rapporte des conditions considérées comme inhumaines : rationnement de l’eau potable, nourriture avariée vendue à prix élevé, absence d’intimité sous la douche, impossibilité d’accéder aux soins, et restrictions sévères des visites familiales.

Q : Le travail en prison était-il obligatoire ?

R : Oui. Les détenues étaient soumises à un travail forcé quotidien, du lever au soir, avec des quotas à atteindre. Le non-respect des objectifs entraînait des amendes facturées aux familles. Les activités allaient de la couture à des tâches plus pénibles comme la taille de pierre ou le travail agricole.

Q : La torture était-elle utilisée ?

R : D’après ses témoignages, la torture est fréquente, et, en tant que figure visible du mouvement, elle a subi des violences particulièrement sévères.

Q : Ses prises de parole après la sortie de prison ont-elles eu un effet ?

R : Ses témoignages dans des médias et podcasts ont été entendus et ont parfois entraîné une légère amélioration locale dans certains établissements pénitentiaires. Toutefois, l’impact reste limité car chaque prison fonctionne de manière autonome, sans véritables mécanismes de contrôle externes.

Q : A-t-elle été forcée de collaborer après sa libération ?

R : Sous pression, elle a été contrainte de rédiger des aveux et de participer à des vidéos diffusées par les médias officiels. Elle a accepté de coopérer temporairement pour obtenir une accalmie, mais la surveillance et les pressions ont continué, conduisant à de nouvelles séquestrations et à la décision de fuir le pays.

Q : Quelles mesures les autorités ont-elles prises contre elle à l’étranger ?

R : Après son départ du Vietnam, des mandats d’arrêt ont été émis à son encontre pour des affaires présentées comme des escroqueries ou des jeux en ligne. Ces accusations ont aussi été communiquées à des organisations internationales et des représentations diplomatiques, dans le but d’empêcher son relogement en Europe. Elle a dû démontrer que ces allégations étaient infondées avant de rejoindre l’Allemagne.

Q : Sa famille reste-t-elle visée ?

R : Oui. Ses proches subissent des convocations au commissariat, des perquisitions et des visites policières régulières. Son fils a été interrogé à plusieurs reprises, et des biens personnels lui appartenant ont été confisqués.

Q : Envisage-t-elle de revenir au Vietnam et que faudrait-il pour un changement de régime ?

R : Elle garde l’espoir d’un retour. Selon elle, le basculement dépendra d’un réveil collectif : il faut que la population comprenne qu’elle détient le pouvoir de demander des réformes et que la propagande perde de son emprise. L’appui international et la diffusion d’informations indépendantes depuis l’extérieur sont, d’après elle, des leviers essentiels pour encourager les Vietnamiens à s’exprimer.

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