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EN BREF
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Après des décennies de politiques restrictives, le Vietnam opère un tournant nataliste : une nouvelle loi encourage désormais les naissances en élargissant notamment le congé maternité pour le deuxième enfant et en prévoyant une allocation ponctuelle d’environ 228 dollars, ainsi que la prise en charge de dépistages prénataux et néonataux soumis à critères d’âge et de lieu de résidence. Ce changement, salué par le FNUAP comme une approche centrée sur le développement démographique, répond aux inquiétudes liées au vieillissement rapide : un taux de fécondité tombé à 1,93 enfant par femme en 2025, une espérance de vie autour de 75 ans et une part croissante des plus de 60 ans. Les économistes alertent sur les risques d’insuffisance de main-d’œuvre et de fragilisation du système de protection sociale, tandis que de nombreux couples estiment que les aides restent insuffisantes face aux prix élevés du logement et de la garde d’enfants.
Le Vietnam a opéré un tournant majeur en abandonnant la logique stricte de limitation des naissances pour promouvoir une politique nataliste plus active. Une nouvelle législation, entrée en vigueur récemment, étend certains droits parentaux, introduit des aides ponctuelles et finance des dépistages prénataux et néonataux afin de freiner le déclin des naissances et d’atténuer le vieillissement démographique. Ce changement traduit le passage d’une politique de contrôle des naissances à une stratégie centrée sur le développement démographique et la protection sociale.
Principales mesures du nouveau cadre
Parmi les mesures phares, le congé maternité pour la mère d’un deuxième enfant est porté de six à sept mois, offrant ainsi plus de temps pour les soins postnataux et le retour progressif au travail. La loi prévoit également une allocation ponctuelle versée aux mères remplissant certains critères, d’un montant d’environ 228 dollars, soit une part significative mais limitée du salaire moyen mensuel local.
Outre ces aides directes, le texte introduit un soutien financier pour les dépistages prénataux et néonataux, destinés à améliorer la santé maternelle et infantile. Les conditions d’éligibilité à la prime prennent en compte l’âge et le lieu de résidence, ce qui vise à orienter les aides vers des publics jugés prioritaires.
Retour historique : de la politique des deux enfants au revirement
La promotion officielle de la famille réduite remonte aux années 1960, avant qu’une limite de deux enfants ne soit institutionnalisée à la fin des années 1980. Cette politique, moins coercitive que certaines mesures prises ailleurs en Asie, a néanmoins modelé les comportements familiaux pendant des décennies. Jusqu’à récemment, les membres du parti pouvaient subir des sanctions en cas de naissance d’un troisième enfant, et la pression sociale pour ne pas dépasser deux enfants était très présente.
Pour un reportage synthétique et des éléments historiques, voir les articles publiés par Le Dauphiné, Courrier International et L’Actualité.
Le diagnostic démographique : fécondité en baisse et population qui vieillit
Le taux de fécondité vietnamien est descendu sous le seuil de renouvellement, avec environ 1,93 enfant par femme en 2025. Si ce niveau reste supérieur à des pays voisins comme le Japon ou la Corée du Sud, il alerte car il survient alors que l’espérance de vie augmente — autour de 75 ans — et que la part des plus de 60 ans dépasse les 10 % de la population.
Les autorités et les institutions internationales pointent un double risque : un ralentissement de la croissance économique lié à la raréfaction de la main-d’œuvre et une pression accrue sur les systèmes de protection sociale. La Banque mondiale a déjà averti que le Vietnam dispose de moins de temps que certaines économies avancées pour s’adapter à une société vieillissante, compte tenu d’un PIB par habitant encore modeste, autour de 5 000 dollars.
Réactions des familles : aides utiles mais insuffisantes
Sur le terrain, de nombreux couples accueillent favorablement les mesures, notamment l’allongement du congé maternité, qui permet de mieux concilier vie familiale et travail. Nguyen Kim Bich, mère de famille, explique qu’un mois supplémentaire de congé pourrait faciliter l’arrivée d’un deuxième enfant, et que le partage du congé entre conjoints est un atout pour la parentalité partagée.
Cependant, le ressenti majoritaire reste que ces incitations financières sont insuffisantes face aux véritables coûts : logement, garde d’enfants, frais de santé et autres dépenses courantes. Un couple type, avec un revenu combiné modeste, peut déjà consacrer une grande part de ses ressources au premier enfant, rendant l’idée d’un deuxième peu réaliste malgré la prime et le congé supplémentaires.
Des sondages gouvernementaux indiquent d’ailleurs que la grande majorité des personnes mariées considèrent leurs revenus comme déterminants dans le choix d’avoir des enfants. De jeunes salariés, comme une caissière de 24 ans interrogée, évoquent une pression financière et mentale telle qu’ils renoncent purement et simplement à la parentalité.
Enjeux économiques et sociaux : ce que les experts demandent
Les économistes insistent sur la nécessité d’un pack de mesures plus complet : politiques de logement abordable, services de garde accessibles, aides fiscales et protections sociales renforcées pour les familles. Sans ces leviers, les primes ponctuelles et l’allongement du congé risquent de rester symboliques.
Le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) salue le changement d’approche, notant le passage d’une logique de contrôle à une logique de développement. Mais ses responsables soulignent que le succès de la réforme dépendra de politiques publiques coordonnées sur le long terme et d’un soutien financier réel aux ménages.
Défis à venir et perspectives
Le Vietnam cherche désormais à inverser une tendance qui s’est installée au fil des décennies, tout en préservant les progrès en matière de santé et d’éducation. Le succès de cette transition nataliste dépendra de l’ampleur des mesures complémentaires, de leur ciblage et de leur pérennité.
Pour un panorama plus large et des analyses complémentaires, consulter des articles de presse et dossiers consacrés à ce tournant démographique, notamment sur Entrevue, AsieSudEst et Actualité.
FAQ — Vietnam : un nouveau souffle nataliste après des décennies de politiques restrictives
Q. Quelles sont les principales mesures introduites par la nouvelle loi nataliste ?
R. La loi augmente le congé maternité pour la mère d’un deuxième enfant de six à sept mois, instaure une allocation ponctuelle pour certaines bénéficiaires (jusqu’à 228 dollars dans les cas mentionnés) et subventionne des dépistages prénataux et néonataux.
Q. Qui peut bénéficier de l’augmentation du congé maternité et de l’allocation ?
R. Les mesures ciblent principalement les mères d’un deuxième enfant ; l’allocation ponctuelle s’adresse aux femmes remplissant des critères précis liés à l’âge, au lieu de résidence et à d’autres conditions définies par les décrets d’application.
Q. Pourquoi le Vietnam change-t-il de politique après des décennies de contrôle des naissances ?
R. Les autorités veulent répondre au vieillissement rapide de la population et au taux de natalité en baisse, qui risquent d’entraîner des pénuries de main-d’œuvre et de fragiliser le système de protection sociale si la tendance se poursuit.
Q. Comment la nouvelle stratégie diffère-t-elle de l’ancienne politique ?
R. Le pays passe d’une politique centrée sur le contrôle de la planification familiale (avec des limites sur le nombre d’enfants et des sanctions pour les membres du parti) à une approche axée sur le développement démographique et le soutien aux familles.
Q. Quelle est la situation démographique actuelle du Vietnam ?
R. Le taux de fécondité est tombé sous le seuil de renouvellement, autour de 1,93 enfant par femme en 2025 ; l’espérance de vie atteint environ 75 ans et les plus de 60 ans représentent plus de 10 % de la population.
Q. Quels risques économiques sont identifiés par les experts ?
R. Les économistes évoquent un risque de pénurie de main-d’œuvre, une pression accrue sur les caisses de retraite et de santé, et le fait que le Vietnam pourrait devoir s’adapter à une société vieillissante alors que son PIB par habitant reste modeste par rapport à d’autres pays ayant connu la même transition.
Q. Les nouvelles mesures suffisent-elles à relancer la natalité, selon les familles ?
R. De nombreuses familles jugent les aides insuffisantes face aux coûts élevés du logement et de la garde d’enfants. Des enquêtes montrent que 73 % des personnes mariées estiment que leur niveau de salaire influence leur décision d’avoir des enfants.
Q. Quelles critiques sont formulées sur ces mesures ?
R. Les acteurs du développement estiment qu’un soutien plus large est nécessaire : garde d’enfants subventionnée, politiques de logement abordable, protections sociales renforcées et modalités de travail plus flexibles pour encourager réellement la décision d’avoir des enfants.
Q. La mise en œuvre de la loi a-t-elle déjà commencé ?
R. Oui, la nouvelle loi et plusieurs décrets d’application sont entrés en vigueur récemment, modifiant officiellement les droits à congé et les dispositifs d’aide liés à la naissance d’un deuxième enfant.
Q. Qu’en pensent des jeunes ou des salariés à faibles revenus ?
R. Certains, notamment des jeunes salariés à bas salaire, déclarent renoncer à avoir des enfants en raison de la pression financière et du fardeau mental. Pour eux, quelques semaines de congé supplémentaires ou une prime ponctuelle ne compensent pas les coûts permanents liés à l’éducation et à la vie quotidienne.