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EN BREF
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À Phnom Penh, un enseignant cambodgien, Ninit, illustre à lui seul comment le français peut se transformer en porte d’espoir : séduit dès ses années de lycée par une classe bilingue, il a fait de cette langue sa vocation et la transmet avec enthousiasme à ses étudiants. Pour lui, le français n’est pas qu’un outil professionnel mais un trésor qui ouvre des portes vers le monde et vers des études supérieures, même si la langue recule parmi les jeunes au profit de l’anglais et du khmer. Optimiste, il mise sur des investissements dans l’éducation, le développement durable et le numérique pour que la Francophonie garde toute sa vivacité au Cambodge.
En quelques lignes, découvrez le parcours de NET Ninit, enseignant de français à Phnom Penh : de ses années en classe bilingue à son engagement à l’Institut de Technologie du Cambodge, en passant par son action auprès du ministère et des ONG. Son histoire illustre comment la langue française reste un trésor culturel et un vecteur d’ouverture pour le Cambodge, malgré les défis posés par la montée de l’anglais et l’évolution des aspirations des jeunes.
Un parcours construit autour du français
Né dans la province de Battambang, NET Ninit a déménagé à Phnom Penh pour ses études supérieures, où il a obtenu une licence en lettres françaises à l’Université Royale. C’est en lycéen d’une classe bilingue qu’il confie avoir « tombé amoureux du français ». Cette passion ne l’a plus quitté : il devient lecteur de nouvelles pour le ministère de l’Information, interprète pour l’ONG Solidarité Bretagne Cambodge, et animateur régulier de la fête de la Francophonie organisée par le ministère de l’Éducation.
Depuis 2018, il enseigne le français à l’Institut de Technologie du Cambodge, où il transmet non seulement des règles grammaticales, mais aussi la curiosité culturelle qui l’a séduit jeune. Sa fidélité à la langue l’a conduit, en 2024, à représenter le Cambodge au 19ᵉ Sommet de la Francophonie — un symbole fort de son engagement.
Une passion devenue mission
Ninit ne voit pas le français uniquement comme un outil professionnel : pour lui, c’est un plaisir et une mission. Il parle d’un « trésor » qu’il souhaite léguer à ses étudiants, convaincu que maîtriser le français ouvre des portes vers des études et des partenariats internationaux. Il encourage ses élèves à persévérer malgré les difficultés, notamment en grammaire, et à considérer la langue comme un avantage distinctif.
Cette vision rejoint les analyses plus larges sur le rôle de la langue dans la région : apprendre le français peut offrir des opportunités concrètes, comme celles évoquées pour les Français au Vietnam ou pour les voyageurs curieux de l’Asie. Pour en savoir plus sur ces dynamiques régionales, on peut lire des articles qui abordent les opportunités au Vietnam et les évolutions des destinations asiatiques : Le Vietnam, terre d’opportunités et La renaissance des destinations asiatiques.
Le français face aux défis de la jeunesse cambodgienne
Malgré son optimisme, Ninit observe un recul du français chez les jeunes Cambodgiens : « Ce sont surtout les personnes âgées qui le parlent encore couramment. » L’anglais gagne du terrain et le khmer reste naturellement dominant. Il note que ses étudiants peinent parfois avec la grammaire et le vocabulaire, mais il insiste sur le fait que la persévérance paie.
Face à ces réalités, il conseille aux jeunes d’envisager le français comme un atout stratégique — un moyen de se démarquer et d’accéder à des filières francophones proposées dans plusieurs universités de Phnom Penh. Et pour ceux qui voyagent en Asie, il n’hésite pas à rappeler la nécessité d’être informé et prudent : les histoires d’escroqueries touristiques, comme celle de deux Français victimes en Thaïlande, montrent que la préparation est essentielle (lire le témoignage).
Un rôle pour la Francophonie dans l’avenir
Pour que la langue conserve son dynamisme au Cambodge, Ninit appelle la Francophonie à investir dans des domaines d’avenir : éducation, développement durable et technologies numériques. Selon lui, si les institutions francophones soutiennent l’innovation et les projets modernes, la langue restera vivante et pertinente.
Il précise que la Francophonie n’est pas seulement une question linguistique : c’est un espace de partage culturel et de dialogue, qui promeut des valeurs comme la solidarité et le respect des cultures. Cet horizon collectif peut servir de levier pour des collaborations entre pays, universités et entreprises.
Le Cambodge et la Francophonie aujourd’hui
Le Cambodge est souvent présenté comme un pays au patrimoine francophone, mais la réalité est nuancée. Le pays accueille cette année le 26ᵉ Sommet de la Francophonie, un événement qui met en lumière les débats sur la place du français et son avenir local. Ninit estime que la relation historique avec la France incite toujours à apprendre la langue, mais que des efforts doivent être faits pour moderniser les approches pédagogiques.
Les initiatives locales sont nombreuses : festivals, cours universitaires en français, et projets de coopération. Au Petit Journal, nous sommes allés à la rencontre de Cambodgiens qui font vivre la francophonie au quotidien — enseignants, scientifiques, artistes, responsables publics — et leurs témoignages confirment la richesse de ces engagements. Pour approfondir le contexte culturel et les défis actuels, consultez cet article qui explore l’héritage du français au Cambodge : Le français au Cambodge : un héritage culturel face aux défis d’aujourd’hui.
Des débouchés et des chemins à explorer
Enfin, apprendre le français peut ouvrir des opportunités concrètes dans la région : mobilité étudiante, carrières diplomatiques, ou collaborations économiques. Des accords de voyage temporaires, comme la possibilité pour les Français de se rendre au Vietnam sans visa pour une période donnée, facilitent ces échanges et renforcent les liens régionaux (plus d’infos sur la mobilité).
Pour les francophones ou les francophiles qui souhaitent voyager ou travailler en Asie, il existe des perspectives attractives mais aussi des précautions à prendre et des choix à faire parmi les destinations : certains privilégient le Vietnam pour ses opportunités, d’autres la Corée, le Japon ou la Thaïlande pour des raisons touristiques ou professionnelles. Des guides et articles traitent de ces choix et des réalités du terrain (en savoir plus).
Foire aux questions : témoignage d’un enseignant cambodgien sur la place du français
Q : Qui est NET Ninit et quel est son parcours avec la langue française ?
R : NET Ninit est professeur de français à l’Institut de Technologie du Cambodge depuis 2018. Originaire de Battambang, il a poursuivi ses études supérieures à Phnom Penh où il a obtenu une licence en lettres françaises à l’Université Royale de Phnom Penh.
Q : Comment sa passion pour le français a-t-elle débuté ?
R : Tout a commencé au lycée, dans une classe bilingue : dès la première année, il est tombé sous le charme de la langue, de sa culture et de son univers. Ses enseignants et sa propre curiosité l’ont poussé à approfondir la connaissance de la France et de la francophonie.
Q : Quelles expériences professionnelles ont jalonné sa trajectoire ?
R : En parallèle de ses études, Ninit a été lecteur pour le Ministère de l’Information, interprète pour l’ONG Solidarité Bretagne Cambodge et animateur des festivités de la Francophonie. Depuis 2017 il participe régulièrement à ces événements et en 2024 il a représenté le Cambodge au 19ᵉ Sommet de la Francophonie.
Q : Pour lui, le français est-il seulement un outil professionnel ?
R : Non : Ninit décrit le français comme une passion et un trésor à transmettre. Il voit dans cette langue un moyen d’ouvrir des portes, de voyager intellectuellement et d’accéder à des opportunités éducatives et culturelles.
Q : Quel est le lien entre le Cambodge et la Francophonie selon Ninit ?
R : Il rappelle l’existence d’un lien historique entre le Cambodge et la Francophonie et estime que ce passé devrait encourager davantage d’étudiants à apprendre le français, d’autant que plusieurs universités de Phnom Penh proposent des cursus francophones.
Q : Observe-t-il des changements dans l’usage du français au Cambodge ?
R : Oui, il note un recul du français chez les jeunes : ce sont surtout les générations plus âgées qui le maîtrisent encore parfaitement. L’anglais gagne du terrain et le khmer reste la langue majoritaire.
Q : Quels sont les principaux obstacles rencontrés par ses étudiants ?
R : Beaucoup peinent sur la grammaire et manquent d’aisance à l’oral. Malgré cela, Ninit les encourage à persévérer : selon lui, parler français représente un réel avantage et peut ouvrir des opportunités uniques.
Q : Le français a-t-il un avenir au Cambodge d’après lui ?
R : Il reste optimiste à condition que la Francophonie investisse dans des secteurs d’avenir comme l’éducation, le développement durable et les technologies numériques. Le soutien à l’innovation est, selon lui, la clé pour maintenir la vitalité de la langue.
Q : Comment définit-il la Francophonie au-delà de la langue ?
R : Pour Ninit, la Francophonie dépasse le cadre linguistique : c’est un espace de partage culturel, de dialogue entre peuples, fondé sur des valeurs comme la solidarité et le respect des cultures.
Q : Pourquoi le témoignage de ces acteurs de la francophonie est-il important aujourd’hui ?
R : Ils montrent que la francophonie au Cambodge est portée par des histoires individuelles variées — enseignants, scientifiques, artistes, responsables — et que ces engagements concrets donnent corps à une communauté vivante, malgré les défis linguistiques contemporains.