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Au Cambodge, l’homme d’affaires Hun To, cousin du Premier ministre Hun Manet, a admis avoir détenu 30% des parts de HUIONE PAY PLC, une entité du groupe Huione accusée par les États‑Unis de blanchiment d’argent issu d’escroqueries en ligne. Ce groupe, basé à Phnom Penh et actif dans le e‑commerce, les échanges de cryptomonnaies et les paiements, voit son ancien président Li Xiong extradé vers la Chine, ses licences révoquées et des centaines d’utilisateurs réclamer le déblocage de leurs comptes sur H‑Pay, révélant combien le pays est devenu une place forte de la cybercriminalité. Hun To assure toutefois ne pas avoir géré les opérations ni perçu de bénéfices alors que la société a été liquidée en octobre 2025 — une histoire qui a tout d’un thriller financier où les comptes gelés tiennent lieu de rebondissements.
Résumé : L’homme d’affaires cambodgien Hun To a reconnu avoir détenu 30% des parts d’une société financière liée à des escroqueries en ligne, la fameuse HUIONE PAY PLC. La société, désormais en liquidation, est accusée par Washington d’avoir servi au blanchiment de fonds provenant d’arnaques en ligne profitant à la Corée du Nord et à des réseaux criminels d’Asie du Sud-Est. Tandis que des milliers d’utilisateurs réclament le déblocage de leurs comptes, les autorités cambodgiennes font face à une pression internationale croissante pour nettoyer ce secteur d’activité.
L’annonce a fait l’effet d’un pavé dans la mare : Hun To, apparenté à la famille dirigeante — cousin du Premier ministre Hun Manet et neveu de l’ancien dirigeant influent Hun Sen — a confirmé détenir 30% des actions d’une entreprise du groupe Huione. Sa mise au point publique tente de séparer propriété et gestion, mais la saga pose des questions sur les liens entre pouvoir, argent et activités illicites dans la capitale.
Ce que dit Hun To
Dans un communiqué relayé par la presse, Hun To a déclaré qu’il n’avait jamais dirigé les opérations de la société et qu’il n’avait « jamais reçu de bénéfices, dividendes ou actifs » provenant de HUIONE PAY PLC. Sa déclaration vise à rassurer, mais elle n’éteint pas les interrogations : être actionnaire à hauteur de 30% soulève des enjeux juridiques et politiques que la population et la communauté internationale scrutent de près.
Le rôle de Huione et les accusations internationales
Le groupe Huione, basé à Phnom Penh, était constitué de plusieurs entités actives dans le e-commerce, l’échange de cryptomonnaies et les services de paiement, dont la plateforme connue sous le nom de Huione Pay (devenue plus tard H‑Pay). Les États-Unis ont accusé l’an dernier le groupe d’avoir participé à des opérations de blanchiment d’argent pour des escroqueries en ligne, au bénéfice de réseaux nord-coréens et de groupes criminels régionaux. Un article en ligne résume bien cette affaire : BFM TV.
Extradition et liquidation
La part majoritaire du groupe était détenue, selon un rapport de liquidation, par Li Xiong (environ 62%). Celui-ci a été extradé du Cambodge vers la Chine le 1er avril, les autorités chinoises le soupçonnant d’être au centre d’un vaste réseau de fraudes et de jeux d’argent. La procédure de liquidation de Huione s’est achevée en octobre 2025, clôturant officiellement l’aventure entrepreneuriale mais laissant des victimes sans réponse. Pour en savoir plus sur les détails judiciaires et la chronologie : Courrier International.
Victimes et colère à Phnom Penh
Depuis décembre, des milliers d’utilisateurs se disent privés d’accès à leurs comptes sur H‑Pay et manifestent à Phnom Penh pour obtenir le déblocage de leurs fonds. La situation a attisé la colère populaire : retraits impossibles, économies bloquées, et une défiance croissante envers les plateformes fintech locales. Des reportages et enquêtes ont détaillé ces plaintes et la mobilisation des usagers, comme le relate Justice pour le Cambodge.
Mesures des autorités cambodgiennes
Face au scandale, la Banque nationale du Cambodge a annoncé la révocation des licences commerciales des plateformes appartenant au groupe Huione, un geste visant à limiter les dégâts et restaurer la confiance. Mais les observateurs notent que ces décisions interviennent après des années de critiques selon lesquelles les autorités auraient fermé les yeux sur ces activités lucratives mais illégales.
Le Cambodge, nouvelle place forte de la cybercriminalité
Le royaume est accusé depuis plusieurs années d’être devenu une place forte de la cybercriminalité : des réseaux y attirent, parfois sous la contrainte, des personnes qui opèrent des escroqueries ciblant des internautes du monde entier — faux romances, pseudo-investissements en cryptomonnaies, fausses offres d’emploi. Les conséquences humaines sont lourdes et l’ampleur financière est colossale. Une enquête internationale a souligné ces dérives, et des affaires connexes ont été révélées ailleurs dans la région, comme l’arrestation en Thaïlande liée à une fraude massive visant des ressortissants américains (Asie Sud-Est).
Enjeux politiques et géopolitiques
La révélation du lien entre un membre de la famille politique et une entreprise mise en cause renforce l’attention internationale sur le Cambodge. Les pressions de la Chine et d’autres pays ont poussé Phnom Penh à agir; des voix critiquent toutefois le timing et la transparence de ces mesures. Les médias ont abondamment couvert l’affaire, offrant des angles différents sur les responsabilités et les implications pour l’État-citoyen : Titrespresse et L’Essentiel publient des dossiers sur ces connexions troubles.
Que reste‑t‑il à résoudre ?
La mise en lumière de la participation financière d’un proche du pouvoir dans un groupe lié aux cyberarnaques ouvre une longue liste de questions : poursuites judiciaires, réparation des victimes, traçage des flux financiers et réformes réglementaires pour éviter la réapparition de telles machinations. Plusieurs enquêtes et procédures internationales sont encore en cours et le feuilleton judiciaire pourrait durer.
FAQ — Au Cambodge, le cousin du Premier ministre possédait 30% d’une entreprise liée à des cyberarnaques
Q: De quoi parle cette affaire en quelques mots ?
R: Il s’agit d’une révélation selon laquelle Hun To, un homme d’affaires cambodgien et parent du Premier ministre, a détenu 30% des actions d’une société du groupe Huione — notamment Huione Pay — mise en cause pour blanchiment d’argent lié à des escroqueries en ligne.
Q: Qui est exactement Hun To et que dit-il ?
R: Hun To est le cousin du Premier ministre Hun Manet et le neveu de l’ancien dirigeant Hun Sen. Il a publié un communiqué affirmant avoir possédé 30% des parts de HUIONE PAY PLC, mais qu’il n’a « jamais reçu de bénéfices, dividendes ou actifs » et qu’il ne gérait pas les opérations commerciales.
Q: Qu’est-ce que le groupe Huione et quelles activités exerçait-il ?
R: Le groupe, basé à Phnom Penh, comprenait plusieurs entités offrant des services de commerce électronique, d’échange de cryptomonnaies et de paiement. Ces plateformes étaient utilisées pour des transactions en ligne et, selon les accusations, auraient servi à masquer le produit d’escroqueries.
Q: Quelles sont les accusations portées par les États-Unis ?
R: Les autorités américaines ont accusé le groupe d’avoir blanchi de l’argent provenant d’arnaques en ligne, au bénéfice notamment de la Corée du Nord et de réseaux criminels d’Asie du Sud-Est.
Q: Qui est Li Xiong et quelle est sa situation ?
R: Li Xiong était le président du groupe et, selon un rapport de liquidation, détenait environ 62% des actions. Il a été extradé du Cambodge vers la Chine le 1er avril, où les autorités le soupçonnent d’avoir dirigé un vaste réseau de jeux d’argent et de fraudes.
Q: Quel est le statut légal de la société ?
R: La société a fait l’objet d’une procédure de liquidation qui a été finalisée en octobre 2025. Parallèlement, la Banque nationale du Cambodge a indiqué que les licences commerciales des plateformes du groupe avaient été révoquées.
Q: Pourquoi y a-t-il des manifestations à Phnom Penh ?
R: Des manifestants réclament depuis des semaines le déblocage de leurs comptes sur la plateforme H-Pay (anciennement Huione Pay), qu’ils disent inaccessibles depuis décembre. Beaucoup estiment être privés de fonds et demandent des réponses et la restitution de leurs avoirs.
Q: Le Cambodge est-il devenu un centre de cybercriminalité ?
R: Ces dernières années, le pays est devenu une nouvelle place forte pour des réseaux d’arnaques en ligne — des activités allant des fausses relations amoureuses aux faux investissements en cryptomonnaies. Certaines personnes y sont contraintes de travailler sous la menace, mais les autorités affirment désormais agir plus fermement sous la pression internationale, notamment chinoise.
Q: Que puis-je faire pour me protéger contre ce type d’arnaques en ligne ?
R: Quelques bonnes pratiques : vérifiez l’authenticité des plateformes avant tout transfert, activez l’authentification à deux facteurs, évitez d’envoyer de l’argent à des personnes rencontrées en ligne, soyez prudent avec les offres d’investissement « trop belles », surveillez vos relevés bancaires et signalez toute transaction suspecte aux autorités locales. Conservez des preuves (captures d’écran, échanges) si vous devez porter plainte.
Q: Que peuvent faire les victimes pour récupérer leur argent ou obtenir des réponses ?
R: Les victimes doivent contacter leurs banques pour bloquer les cartes ou comptes compromis, déposer plainte auprès des autorités nationales, rassembler toutes les preuves possibles et, si nécessaire, solliciter l’aide d’un conseil juridique spécialisé. Les manifestations à Phnom Penh montrent aussi que la pression publique fait partie des leviers utilisés pour obtenir des réclamations.