L’Or du Cambodge : Une expansion fulgurante face aux enjeux écologiques

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By Onitsuka

EN BREF

  • 7e raffinerie inaugurée : installation financée et exploitée par Cambodian K88 Industry Co. (capitaux chinois).
  • Secteur aurifère en plein essor : le Cambodge est exportateur net d’or depuis 2023.
  • Volumes et valeur : 37 tonnes exportées entre 2021‑2025 pour 2,8 milliards de dollars.
  • Résultat 2025 : 1,1 milliard d’exportations, soit 3,6 % des exportations nationales.
  • Impact fiscal : environ 200 millions de dollars de recettes 2021‑2025 (≈ 0,8 % des recettes publiques).
  • Ressources : 21 gisements recensés ; site majeur Okvau (Emerald Resources) avec ~44 tonnes de réserves.
  • Modèle de croissance : combinaison d’investissements étrangers et de ressources encore largement inexploitées.
  • Enjeux environnementaux : inquiétudes sur la contamination des cours d’eau et la déforestation dans la réserve de Prey Leng, la nouvelle raffinerie étant liée à un gisement actif depuis 2023 souvent critiqué.

Au Cambodge, l’or n’est plus seulement une légende : la mise en service de la septième raffinerie, financée et exploitée par Cambodian K88 Industry Co., une entreprise aux capitaux chinois, symbolise l’irrésistible montée du secteur aurifère. Depuis 2023 le pays est devenu exportateur net de métal précieux : sur la période 2021–2025 environ 37 tonnes ont été écoulées pour près de 2,8 milliards de dollars, avec 1,1 milliard en 2025 (soit ~3,6 % des exportations nationales).

Le secteur a aussi alimenté les caisses publiques à hauteur d’environ 200 millions sur la même période (≈0,8 % des recettes), et s’appuie sur 21 gisements, dont le site d’Okvau exploité par Emerald Resources, aux réserves estimées à 44 tonnes. Mais la fièvre aurifère inquiète : la raffinerie est liée à un gisement exploité depuis 2023 régulièrement pointé du doigt pour la contamination des cours d’eau et la déforestation dans la réserve de Prey Leng.

Le Cambodge connaît une véritable ruée vers l’or : exportations en forte hausse, raffineries qui poussent comme des champignons et investissements étrangers massifs. Mais derrière ce tableau étincelant se cachent des tensions environnementales croissantes — rivières menacées, déforestation dans la réserve de Prey Leng et critiques d’ONG et de médias. Cet article décrypte l’expansion du secteur aurifère cambodgien, les acteurs en présence, les chiffres-clés et les inquiétudes écologiques qui montent en parallèle.

Depuis peu, le Cambodge est passé du statut d’importateur à celui d’exportateur net d’or, dynamisant son économie nationale tout en posant des questions lourdes pour l’environnement. Les chiffres parlent d’eux‑mêmes : des dizaines de tonnes exportées, près de trois milliards de dollars de valeur cumulée sur quelques années et des recettes fiscales significatives — autant d’éléments qui expliquent l’extension rapide des infrastructures minières et des raffineries.

Un développement économique soutenu

Entre 2021 et 2025, le pays a exporté environ 37 tonnes d’or, évaluées à près de 2,8 milliards de dollars. Rien que pour 2025, la balance commerciale aurifère a représenté autour de 1,1 milliard de dollars, soit près de 3,6 % des exportations totales du pays. Sur la période 2021–2025, le secteur a aussi contribué à hauteur d’environ 200 millions de dollars en recettes fiscales — une manne non négligeable qui pèse pour environ 0,8 % des recettes publiques.

Ces gains expliquent l’engouement des investisseurs et la multiplication des installations, comme le montre la publication financière de plusieurs acteurs locaux et internationaux (voir le rapport financier 2025 publié en ligne par certains médias régionaux).

Raffineries et acteurs étrangers

Récemment, le ministre cambodgien des Mines et de l’Énergie a inauguré la 7e raffinerie d’or du pays, financée et exploitée par la société Cambodian K88 Industry Co., détenue par des capitaux chinois. Cette inauguration illustre bien la tendance : l’essor du secteur s’appuie largement sur des capitaux étrangers et des partenariats transfrontaliers.

Pour davantage de contexte sur les entreprises et leurs publications, on peut consulter des articles spécialisés qui suivent de près ces mouvements financiers et industriels (rapport financier 2025).

Cartographie des gisements et réserves

Le Cambodge compte aujourd’hui quelque 21 gisements aurifères répertoriés. Le plus célèbre est le site d’Okvau, exploité par la compagnie australienne Emerald Resources, dont les réserves sont évaluées à environ 44 tonnes. Cette diversité de gisements, combinée à des ressources encore largement inexploitées, explique le fort potentiel d’expansion du secteur.

Pour un panorama historique et technique de l’industrie minière au Cambodge, la page récapitulative de la Wikipédia consacrée à l’industrie minière donne une base utile, même si la situation évolue rapidement sur le terrain.

Investissements et dynamique régionale

Les projets miniers s’insèrent dans une région où les flux d’investissements et la mobilité des travailleurs changent la donne — des dynamiques économiques qui, parfois, rivalisent avec d’autres développements en Asie du Sud‑Est, qu’ils concernent les infrastructures navales ou l’attraction des villes pour les professionnels mobiles (déploiements régionaux ; attrait des villes comme Da Nang).

Pressions environnementales et critiques

La croissance aurifère ne va pas sans conséquences. Plusieurs sites exploités depuis 2023 ont été l’objet d’alertes pour pollution des cours d’eau et défrichements massifs. Les inquiétudes se concentrent notamment sur la réserve de Prey Leng, considérée comme l’une des dernières grandes forêts tropicales de la péninsule indochinoise, où la déforestation est pointée du doigt par des enquêtes journalistiques et des ONG.

Une enquête de terrain et des reportages ont mis en lumière une déforestation à grande échelle liée à l’extension de l’activité minière, ainsi que des mécanismes contestés autour de crédits et compensations carbone (enquête France24).

Pollution de l’eau et biodiversité menacée

Les critiques évoquent la contamination des rivières par les résidus miniers, des modifications des bassins versants et des pertes d’habitats pour des espèces locales. Des organisations de défense de l’environnement et des structures de la société civile documentent ces impacts et demandent davantage de transparence et de contrôles (Justice pour le Cambodge).

Le défi est double : concilier la création de valeur économique à court terme et la préservation d’écosystèmes fragiles dont dépendent aussi des communautés locales pour leurs moyens de subsistance.

Politiques publiques, normes et coopération internationale

Face aux pressions, des acteurs internationaux et des programmes onusiens interviennent pour soutenir la résilience climatique et la gestion durable des ressources. Par exemple, le programme Climate Promise du PNUD travaille au Cambodge sur des approches de renforcement des capacités et d’intégration climatique dans les politiques nationales (PNUD – Climate Promise).

Pour autant, la mise en œuvre sur le terrain reste complexe : régulations locales, capacités d’inspection et volonté politique doivent s’aligner pour éviter que le carbone et l’or ne deviennent une recette à court terme au prix d’un effondrement écologique à long terme.

Surveillance citoyenne et médias

Les médias locaux et internationaux, ainsi que des collectifs d’investigation, amplifient les voix qui réclament des réponses. Des analyses récentes reviennent sur la croissance rapide du secteur et ses défis environnementaux, proposant des recensements des impacts et des pistes d’action (article détaillé).

Parallèlement, des guides pratiques et des informations touristiques sur la région reflètent les changements de paysage et d’accès aux zones — éléments importants pour comprendre la transformation des territoires (voyager en Thaïlande ; voyage au Vietnam).

Scénarios et enjeux pour l’avenir

L’or représente une opportunité économique claire pour le Cambodge : emplois, recettes fiscales et attractivité pour les investisseurs. Mais l’option la plus prudente serait de piloter cette expansion par des normes environnementales renforcées, des mécanismes de surveillance indépendants et une implication effective des communautés locales.

En parallèle, la publication régulière de rapports financiers et d’études d’impact, ainsi que la pression des organisations de la société civile, contribueront à orienter les décisions — et les articles de la presse régionale permettent de suivre ces évolutions de près (consultation des publications financières).

Enfin, le débat autour de l’exploitation aurifère cambodgienne s’inscrit dans un contexte plus large de transformations en Asie du Sud‑Est — économiques, environnementales et géopolitiques — qui continueront d’influencer la trajectoire du pays.

L’Or du Cambodge : questions fréquentes (FAQ) pour briller sans se salir)

Q : Pourquoi le Cambodge se retrouve-t-il sous les projecteurs pour son or ?

R : Le pays connaît une véritable poussée dans son secteur aurifère, portée par de nouvelles exploitations et des investissements, si bien que le Cambodge est devenu un exportateur net de métal précieux ces dernières années.

Q : Qui a inauguré la nouvelle raffinerie et qui l’exploite ?

R : Le ministre chargé des Mines et de l’Énergie a inauguré la septième raffinerie d’or du pays, une installation financée et gérée par la société Cambodian K88 Industry Co., qui repose sur des capitaux d’origine chinoise.

Q : Combien de raffineries existe-t-il désormais au Cambodge ?

R : Avec cette ouverture, le pays compte désormais sept installations de raffinage spécifiquement dédiées à l’or, signe d’une structuration rapide du secteur.

Q : Quelle est l’ampleur des exportations d’or ces dernières années ?

R : Entre 2021 et 2025, le Cambodge a exporté plusieurs dizaines de tonnes de métal précieux, pour une valeur qui se chiffre en milliards de dollars, et en 2025 les ventes à l’étranger ont représenté une part notable des échanges commerciaux nationaux.

Q : L’activité aurifère rapporte-t-elle des recettes à l’État ?

R : Oui — le secteur a contribué de manière significative aux finances publiques sur la période récente, apportant plusieurs centaines de millions de dollars en recettes fiscales.

Q : Où se trouvent les principaux gisements d’or au Cambodge ?

R : Le pays recense une vingtaine de gisements aurifères. Le plus important est le site d’Okvau, exploité par la compagnie australienne Emerald Resources, dont les réserves encore identifiées sont parmi les plus importantes du pays.

Q : D’où viennent les investissements qui stimulent ce boom ?

R : L’essor résulte d’un mélange d’investissements étrangers — notamment australiens et chinois — et d’un potentiel géologique qui reste en grande partie à exploiter.

Q : Quels sont les principaux enjeux environnementaux liés à cette expansion ?

R : Les critiques pointent des risques concrets : contamination des cours d’eau, déforestation et atteintes à des habitats fragiles, surtout autour de zones protégées et de forêts tropicales de la péninsule indochinoise.

Q : La nouvelle raffinerie est-elle associée à un site controversé ?

R : Oui, la raffinerie est liée à un gisement exploité depuis 2023 qui a déjà fait l’objet de nombreuses dénonciations pour ses impacts environnementaux locaux.

Q : Quel est le risque pour la réserve de Prey Leng ?

R : Les inquiétudes portent sur la dégradation de cette vaste forêt tropicale : l’expansion minière peut accélérer la déforestation et contribuer à la pollution des rivières qui traversent la réserve, mettant en danger la biodiversité locale.

Q : Quelles réponses peut-on attendre face à ces préoccupations ?

R : Les options vont de contrôles environnementaux renforcés et d’exigences de transparence pour les investisseurs à des mesures de restauration et de suivi des cours d’eau ; mais la mise en œuvre et l’efficacité de ces mesures varient selon les acteurs impliqués.

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